"No Kids" et la places des enfants dans l'espace public : la CNCDH appelle à leur (re)donner une place
- COFRADE
- 6 juil.
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Dernière mise à jour : il y a 8 heures
Alors que des espaces « No Kids » commencent à se développer en France, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a rendu, ce lundi 6 juillet 2026, un avis formulant 18 recommandations pour mieux garantir la place des enfants dans l'espace public. Le COFRADE en a été co-rapporteur.

© Crédit photos : Haut-Comissariat à l'Enfance
Pourquoi cet avis ?
Les espaces « No Kids » sont des établissements ou des espaces qui excluent les enfants ou restreignent leur accès, comme des hôtels ou des restaurants. Ce phénomène commence à faire son apparition dans plusieurs pays européens, et plus récemment en France. En janvier dernier, la SNCF a annoncé sa nouvelle offre « Optimum », une voiture de train restreignant l'accès aux enfants de moins de 12 ans. À la suite de l'émoi et des interrogations suscités par cette offre, la Haute-Commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a saisi la CNCDH afin qu'elle mène une réflexion sur le sujet.
Pour la CNCDH, le développement de ces espaces n'est pas un fait isolé, mais le symptôme d'un phénomène plus large : la réduction de la place laissée aux enfants dans l'espace public et dans la société. Cette analyse l'a conduite à formuler 18 recommandations, adoptées en Assemblée plénière le 2 juillet 2026.
« L'avis rendu aujourd'hui est clair : la place des enfants dans notre société n'est pas une variable d'ajustement. Un enfant n'est ni une nuisance, ni un problème à tenir à distance. C'est un sujet de droit. » - Sarah El-Haïry, Haute Commissaire à l’Enfance
Redonner leur place aux enfants
Les recommandations formulées sont articulées autour de trois axes majeurs :
l’aménagement de l’espace public : la CNCDH invite à réduire la place de la voiture, et à développer, avec les enfants, de nouveaux espaces pour eux comme des aires de jeux ou des “rues aux écoles”.
la lutte contre les discriminations liées à l’âge : les recommandations appellent à interdire les espaces “No Kids” qui ne sont pas justifiés par la protection des enfants, et à mieux prendre en compte les autres inégalités dont sont victimes certains enfants, comme les filles ou les enfants handicapés.
la participation des enfants à la vie démocratique : la CNCDH recommande entre autres de développer davantage les conseils d’enfants et de jeunes, et incite à ouvrir une réflexion sur l’abaissement du droit de vote.
Le détail de ces recommandations est à retrouver dans l’avis complet de la CNCDH.
Le COFRADE, co-rapporteur de l’avis
Cet avis a officiellement été remis à Sarah El Haïry le lundi 6 juillet, lors d’une cérémonie organisée par la CNCDH, en présence de son président Jean-Marie Burguburu. Le COFRADE, en sa qualité de membre de la CNCDH, en a été co-rapporteur aux côtés de Renée Koering-Joulin, Vice-présidente de la CNCDH.
Le délégué général du COFRADE, Arthur Melon, a présenté les conclusions de cet avis accompagné d’Ophélie Marrel, conseillère juridique de la CNCDH. Une table ronde a également été organisée, avec la participation de deux de nos associations membres, Laurence Bocquet-Vallette pour les Scouts et Guides de France, et Jean-Marc Treuil pour l’Anacej.
Repenser l'espace public pour les enfants, ce n'est pas seulement adapter nos villes mais c'est reconnaître leur droit à circuler, à explorer et à exister pleinement dans la société. Le COFRADE continuera, aux côtés de ses associations membres, à se battre pour que les enfants aient toute leur place dans notre société.
